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Vous avez une place au Québec

Témoignages

Chaque année, le Québec accueille des immigrants venus de partout avec leur savoir-faire, leur compétence, leur culture et leur religion. Découvrez l’histoire de nouveaux arrivants qui ont trouvé leur place au Québec.

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Carole(France)

Au Québec depuis septembre 1999

Pourquoi vouliez-vous quitter la France et pourquoi avez-vous choisi le Québec ?
Notre choix d’immigrer était assez simple. On était comme tout bon Canadiens ou Français moyens; on avait la maison, le chat, la voiture, la carrière… Je pense que ce qui nous a un petit peu décidés, c’est qu’on ne voulait pas avoir le tunnel avec la petite lumière au bout de la retraite, parce que c’était un peu la perspective qu’on avait, donc on a commencé à explorer un petit peu les avenues qu’on avait : soit se déplacer en France ou se déplacer à l’extérieur. L’objectif était d’avoir une vie un peu plus trépidante, de relever des défis plus importants que ce qu’on avait en France. On cherchait du long terme.

Comment vous êtes-vous préparée à votre départ ?
On a fait les démarches, on a été acceptés et on est arrivés au Québec, sans jamais y avoir mis les pieds tous les quatre. Lorsqu’on a commencé les démarches on est allés à une conférence à Paris qui était donnée par le Ministère de l’Immigration du Québec, donc un représentant du Québec, pour nous expliquer un peu comment ça va fonctionner et nous donner quelques informations aussi sur la vie au Québec.

Comment vos démarches administratives se sont-elles déroulées à votre arrivée ?
On a eu une journée d’intégration à Montréal où on a reçu des explications sur comment ça fonctionne au Québec pour aller chercher son permis de conduire, sa carte NAS (numéro d’assurance sociale) ou être enregistrés au niveau de la santé pour la Carte Soleil (assurance maladie) au Québec.

Quel a été votre plus grand défi d’intégration ?
On a décidé en arrivant ici de recommencer à zéro. Parce qu’il y a 10 ans, d’abord, les diplômes n’étaient pas aussi reconnus qu’ils le sont aujourd’hui, et puis on s’était dit que c’était l’occasion de changer de vie, et on ne considérait pas avoir besoin de quelque chose d’équivalent avec la France. Il faut accepter de redescendre de quelques marches pour monter plus vite, aller plus haut.

Qu'avez-vous fait pour trouver du travail et que faites-vous ?
On s’est inscrits au groupe intégration-travail, c’est-à-dire un groupe de recherche d’emploi. Pourquoi on a fait ça? C’est parce qu’en fait les Curriculum Vitae et le mode de fonctionnement n’était pas le même, donc on s’est dit que tant qu’à partir de zéro autant faire la démarche efficacement. J’ai été aussi soutenue par le SOIT, qui est un organisme qui soutient les nouveaux arrivants à Québec. C’est en mélangeant les deux, le groupe intégration-travail plus le SOIT, c’est là que j’ai décroché un travail dans une compagnie en hautes technologies. C’est un milieu qui bouge beaucoup, qui innove beaucoup, et qui va chercher les talents quelque soit l’origine de leur travail. Je travaille donc avec l’équipe de formation et je suis en charge de former des chargés de projets. On doit maintenir le budget, les délais, satisfaire le client, avoir une équipe performante, mais qu’on ne met pas à terre, donc c’est un peu combiner toutes ces petites choses-là.

Y a-t-il des différences entre votre vie professionnelle ici et celle que vous aviez dans votre pays d'origine ?
Au Québec, la tolérance au fait qu’on puisse avoir des enfants malades, qu’on aille une famille et que ça fait partie de l’équilibre de l’employé, n’a rien à voir avec la France. Le poste que j’occupe aujourd’hui, à priori, c’est un poste d’homme, mais le fait que les femmes ont pris leur place au Québec - on n’est pas vue comme des bêtes bizarres; si on a les compétences, on va faire le travail, on va nous le donner. Les opportunités sont extraordinaires et les possibilités de développement de carrière aussi.

Quel conseil donneriez-vous à un nouvel arrivant ?
Mon conseil que je donnerais à des Français qui s’installeraient ici, serait d’accepter de commencer à la base pour bien connaître et appréhender les Québécois et le monde du Québec, avant de commencer à exiger quelque chose. Parce qu’on en a rencontrés des gens qui n’ont pas eu de succès et une des choses qu’on a remarquée dans ceux-ci c’est que pour eux, au Québec on parle français, donc ce qu’ils avaient en France, ils peuvent le revendiquer au Québec. Ce n’est pas parce qu’on a « X » années d’expérience en France et qu’on a un diplôme en France que ça vaut la même chose ici. Il faut d’abord commencer par le début et il faut avoir un peu d’humilité et beaucoup d’humour. En dix ans, ce qu’on a réussi à réaliser ici, comparativement à ce qu’on aurait réalisé en France, c’est certain qu’on a un niveau de vie supérieur par rapport à ce qu’on aurait eu en France. Que ce soit, pour Oliver ou moi, la recherche de travail ou le fait de nous installer, ça ne nous inquiétait pas du tout.

Que pensez-vous du système de la santé ?
Par contre, c’était de dire, est-ce que les enfants vont s’habituer, s’ils ont un problème de santé comment est-ce qu’on va le régler? Chloé a eu des petits soucis de santé et elle a été prise en charge number one. On a eu quelques fois à utiliser les urgences que ce soit pour moi ou mon mari ou pour Hugo, et on n’a jamais attendu.

Que pensez-vous du système de garderies ?
Ce qui est intéressant dans les garderies c’est qu’ils préparent les enfants à devenir autonomes pour la classe, donc pour l’école. Ça leur donne une meilleure chance d’arriver à l’école dans une bonne condition et puis l’école nous, on a adoré ça. Parce qu’en fait, si on joue le jeu, l’école amène vraiment les enfants à une grande autonomie.

Participez-vous à la vie culturelle québécoise ?
Je dirais que la ville de Québec réuni les musées, les spectacles, on a été très gâtés les dernières années, parce que même si on n’est pas une grosse ville, avec le 400ième [de la ville de Québec] on a eu entre autre, le Cirque du Soleil, on a eu Céline [Dion], que l’on aime ou que l’on n’aime pas, on a eu Paul McCartney, les Violons du Roy, qui sont vraiment extraordinaires en musique classique… On couvre beaucoup de choses, parce que c’est une ville qui est très vivante, qui est à la fois touristique et universitaire donc on peut très bien sortir le soir sur Grande Allée et ça va bouger, il y a des petits concerts de toutes sortes, il y a des boîtes de nuit, donc il y a tout ce qui faut pour les jeunes de 15 à 35 ans.

Comment s’est passé votre premier hiver ici ?
Lors de notre premier hiver au Québec on était drôlement stressés parce que le 23 décembre, il n’y avait toujours pas un gramme de neige, il faisait un froid de canard, mais on n’avait pas de neige.

Pratiquez-vous des sports ou des activités de plein air ?
Cette année-là, on a tout de suite fait du ski, donc on a équipé nos enfants pour le ski et nous aussi. On est impatients de voir la neige arriver quand c’est l’automne, on est impatients de la voir partir quand c’est le printemps, mais on adore ça!

Quelle est votre plus grande réussite ?
Notre plus grande réussite c’est de se sentir ici chez nous. Quand on prend l’avion puis qu’on atterrit ici, on sait qu’on rentre chez nous.

Erasmo(Brésil)

Au Québec depuis avril 2007

Pourquoi vouliez-vous quitter le Brésil et pourquoi avez-vous choisi le Québec ?
On voulait changer notre vie. On voulait recommencer notre vie. Malgré le fait qu’on avait un beau pays, il y avait toujours la question sociale, la question de la sécurité. Ce qui nous a vraiment convaincu d’initialiser un processus d’immigration, c’était ce que le Québec avait à offrir aux gens qui arrivaient dans la société québécoise, le fait qu’un immigrant pouvait réussir ici au Québec.

Comment vous êtes-vous préparés à votre départ ?
C’est un peu de cette façon que l’on a commencé à faire des recherches sur les documents et les processus d’immigration. On a aussi assisté à une séance d’informations, elle a lieu au Brésil, à San Paolo. Et même le Ministère de l’Immigration donne beaucoup de séances d’informations partout au Brésil dans différentes villes. Moi, je pense que c’est vraiment important parce que c’est le premier contact que l’on a avec le Québec, avec la société québécoise. Ce sont des informations précieuses. Nous sommes arrivés précisément le 13 avril 2007. C’était un vendredi le 13 donc ça doit être pour ça que l’on est chanceux!

Comment vos démarches administratives se sont-elles déroulées à votre arrivée ?
On a quand même eu une session d’accueil où ils disent quelles sont les premières démarches. Ça c’est très important. Moi je suis chimiste donc je voulais savoir comment se passe le marché du travail pour les chimistes. Est-ce qu’il y a des difficultés au début? Est-ce qu’il faudrait avoir une complémentation pour les diplômes?

Qu’avez-vous fait pour trouver du travail ?
Moi, j’ai aussi suivi, ce qu’on appelle un club de recherche d’emploi, donc dans ce club-là, j’ai appris comment me comporter durant une entrevue, comment écrire mon CV (curriculum vitae) d’une façon correcte… Quarante-huit jours après notre arrivée, moi, j’ai réussi mon premier travail. C’était un travail temporaire, qu’on appelle le travail d’été et c’était juste pour trois mois dans un Cégep (Collège d'enseignement général et professionnel), je faisais la même chose que je faisais au Brésil. Après, j’ai reçu une offre d’emploi de la compagnie dans laquelle je suis encore aujourd’hui. C’est une compagnie métallurgique où l’on fabrique des matériaux pour des panneaux solaires, c’est une technologie de pointe.

Avez-vous suivi une formation pour accéder à votre poste actuel ?
J’ai été chanceux parce que mon superviseur actuel et le directeur des ressources humaines ont pris en compte de mon expérience brésilienne, ils m’ont fait confiance et m’ont embauché; j’ai réussi et c’est encore mon emploi aujourd’hui, je suis vraiment content.

Y a-t-il des différences entre votre vie professionnelle ici et celle que vous aviez dans votre pays d’origine ?
La différence avec mon emploi actuel, c’est surtout le contact avec les gens. Parce qu’au Brésil, malheureusement, on n’a pas vraiment de contact avec les gens plus hauts dans la hiérarchie. Aujourd’hui, je parle directement au président, je parle directement aux directeurs de la compagnie, parfois le président arrive et il mange avec nous, et ça pour moi c’est vraiment quelque chose de fun et de différent.

Comment s’est passé votre apprentissage de la langue au Québec ? Avez-vous suivi des cours ?
Quand nous sommes arrivés, je ne parlais pas français. C’était difficile pour moi, alors on a décidé de faire les cours de francisation. J’ai beaucoup aimé ça à cause de l’intégration avec les autres immigrants, ce qui était vraiment important pour moi. Une grande expérience. J’ai fait des cours de francisation durant 4-5 mois et après j’ai décidé d’aller travailler.

Elaine, avez-vous facilement trouvé du travail et que faites-vous ?
J’ai commencé mes recherches pour un travail au mois de février – mars et au mois de mai j’ai commencé à travailler. Je fais de la saisie de données, du classement, et déjà je trouve mon français très bon. Les gens m’aident beaucoup; je suis la seule immigrante au bureau, il n’y a pas d’autre immigrant. Mais les personnes m’aident beaucoup, elles sont très compréhensives.

Elaine, y a-t-il des différences entre votre vie professionnelle ici et celle que vous aviez dans votre pays d’origine ?
Au Brésil, quand on commence un emploi, on ne sort jamais avant la fin de notre horaire quotidien, on doit toujours faire des heures supplémentaires.

Trouvez qu’au Québec il y a un équilibre entre la vie au travail et la vie personnelle ?
Au Brésil, on a plus de pression. Ici, on peut établir notre vie sociale et notre vie professionnelle. Donc, on peut vraiment séparer les deux. On vient de commencer la planification de notre premier enfant. Peut-être qu’au Brésil, avec toute la pression, ça [avoir un enfant] serait possible, oui, mais sûrement un peu plus difficile. Donc, c’est ça qu’on aime bien ici. Ici, on peut planifier les choses soit à court terme ou à long terme.

Participez-vous à la vie culturelle québécoise ?
Quand on a décidé d’immigrer, de venir au Québec, on a voulu s’adapter à la culture québécoise donc on a lu beaucoup sur la culture québécoise, sur son histoire. En pensant comme ça, c’était plus facile de faire notre adaptation à notre arrivée, comme ça ce n’était pas un choc, même si la culture brésilienne ressemble un peu à la culture québécoise dans la manière de regarder la vie, de respecter les gens.

Comment s’est passé votre premier hiver ici ?
Au début, on avait vraiment peur du froid, parce que par chez nous, un gros hiver c’est autour de 5°C à 10°C, on dit que les températures négatives c’est quelque chose de terrible. On n’aurait jamais pu imaginer que la ville qu’on a trouvé verte, pleine d’arbres et de fleurs, que tous les beaux bâtiments, qu’avec l’été de 30°C - l’été chaud de 2007 où il a fait 35°C - on aurait jamais pu imaginer que tout ça, durant l’hiver était couvert par la neige. La chose la plus incroyable à laquelle on a pensé au début, est que la vie continue, malgré toute la glace, la neige – la vie continue, et ça, c’est vraiment important. Quand on est au Brésil, on pense : « Mon Dieu, s’il neige, qu’est-ce qu’on fait? On reste dans la maison et on ne fait rien. » et finalement c’est le contraire, on fait tout!

Avez-vous été bien accueillis au Québec ?
On a vraiment bien été accueillis par la société québécoise. Les gens se sont montrés vraiment compréhensifs tant dans les magasins, que dans les lieux publics; si on ne comprend pas, on s’excuse et leur dit qu’on n’a pas bien compris et les gens répètent toujours, ils essaient toujours d’être vraiment sympathiques.

Isabelle(Chine)

Au Québec depuis 1988

Pourquoi vouliez-vous quitter la Chine et pourquoi avez-vous choisi le Québec ?
Moi, je trouvais que le Québec me permettrait d’avancer dans ma vie et de réaliser des projets dans ma vie, y compris, évidemment ma vie familiale et ma carrière. Je m’appelle Isabelle-Rongqing, c’est mon prénom composé. Je suis d’origine chinoise de Shanghai.

Avant d’immigrer au Québec, est-ce que vous parliez le français ?
J’ai eu la chance d’apprendre le français à l’âge de 12 ans ou de 13 ans. Je n’ai pas étudié spécialement le français, mais j’ai étudié plutôt la littérature francophone. Je me souviens que j’ai étudié, que j’ai lu avec intérêt « Bonheur d’occasion ». D’ailleurs, je me suis inscrite au programme de littérature francophone de l’UQAM (Université du Québec à Montréal) pour venir ici.

Que pensez-vous du système d’éducation ?
Le Québec correspond tout à fait à ce que je voulais pour éduquer mon fils. Quand j’étais très jeune, je voulais déjà que mon fils apprenne le français, donc le Québec pouvait lui offrir ça. C’est maintenant connu du monde que le système d’éducation au Québec ne coûte pas cher aux parents et que la qualité est top. J’ai enregistré mon entreprise de communication asiatique en 1990, déjà. J’aime faire ce métier, donc je crois que j’ai réussi. J’ai réussi, disons, à travailler à temps plein moi-même et j’ai réussi à faire ce que je voulais faire dans l’ensemble. Mais j’avais la confiance en moi. Ce que je crois c’est que si vous avez la confiance en vous, et si vous êtes très dynamiques, vous êtes capables de faire tout que ce que vous voulez. Il y a beaucoup d’informations maintenant sur le site Web du Ministère de l’Immigration donc on peut aller sur ce site et entrer ensuite dans votre catégorie pour obtenir les informations. À cause de mon travail, j’ai l’occasion d’aller dans différentes régions du Québec. Je peux vous dire que toutes les régions m’attirent. Sept-Îles m’attire beaucoup. Évidemment, il y a la perle de l’Amérique du Nord : la ville de Québec! Si Sept-Îles représente la vraie nature, la ville de Québec représente, elle, la fierté du peuple québécois.

Participez-vous à la vie culturelle québécoise ?
Mes activités culturelles sont nombreuses et variées. J’aime beaucoup les expositions, il y a toutes sortes d’expositions. J’aime quand même les musées, ça ne veut pas dire que je suis abonnée à l’année, mais j’aime beaucoup le Musée des Beaux-arts de Montréal et d’autres musées semblables.

Vous êtes-vous fait des amis ici ?
J’ai beaucoup d’amis québécois, j’ai beaucoup d’amis chinois. Les Québécois sont francs en général (évidemment il y a toute sorte de monde), donc on peut compter sur leur franchise.

Avez-vous bien été accueillie au Québec ?
Si je n’avais pas été bien accueillie, j’aurais peut-être changé d’idée, mais je suis très à l’aise ici, je me sens chez moi aujourd’hui. Ici, il ne manque pas de choix, il y a beaucoup de choses, il y a beaucoup de produits et d’aliments qui sont importés de différentes régions de Chine, alors moi personnellement, je ne manque de rien. La société est relativement simple, c’est-à-dire que vous n’avez pas à chercher de midi à 14h pour comprendre comment les gens pensent, comment les gens voient telle ou telle chose. C’est une société libre et quand vous savez comment la société fonctionne vous pouvez bénéficier et profiter des droits et de la liberté. Ici, on est libre - quand on fait des efforts, on est récompensé par la suite. On fait autant d’études qu’on le veut, il n’y a pas de limites.

Larbi(Algérie)

Au Québec depuis 2005

Quelle est votre plus grande réussite ?
Ma plus grande réussite au Québec, c’est que mes enfants soient heureux, déjà. Je m’appelle Larbi, je viens d’Algérie et j’ai 53 ans. Je suis arrivé au Québec avec toute ma famille, le 24 novembre 2007.

Pourquoi vouliez-vous quitter l’Algérie et pourquoi avez-vous choisi le Québec ?
J’ai pris la décision de quitter l’Algérie pour des raisons, tout d’abord personnelles, bien sûr, mais surtout à cause de mes enfants. Je voulais que mes enfants aient une formation à la hauteur de ce qu’il y avait dans le monde. Et puis j’ai choisi le Québec, d’abord parce que c’est une province francophone, ça m’aidait beaucoup parce que ma femme et moi parlions déjà le français, on provient d’un pays pratiquement francophone, arabo-francophone. Aussi, il y avait les métiers à ma femme et moi; j’étais agroéconomiste et elle, elle était forestière.

Comment vous êtes-vous préparé à votre départ ?
On avait des amis déjà installés ici, qui nous en parlaient lorsqu’ils revenaient en Algérie et je suis allé voir sur l’Internet, pour peser le pour et le contre et ça m’a permis de prendre une décision plus réfléchie. J’avais rencontré quelqu’un pour voir si j’étais admissible et au bout d’une demi-heure, il était content, lui aussi, de me dire qu’on était acceptés. On a reçu des conseils aussi qui nous ont été donnés par le Ministère et par des amis qui étaient déjà installés ici. Le voyage a pris 24 heures pour arriver à Montréal.

Comment s’est passé votre premier hiver ?
Quelqu’un qui n’a jamais mis les pieds au Québec, qui voit à la télévision par exemple l’épaisseur de la neige, un mètre de neige; ça fait très peur. Par contre, on s’habitue rapidement, on a les habits qu’il faut pour sortir dans la neige, et on joue beaucoup dans la neige.

Est-ce que vous pratiquez des sports ou des activités de plein air ?
Mes enfants adorent ça, déjà Mohamed est un fan de la neige, il l’attend avec impatience, il a ses patins, il veut glisser, etc.

Est-ce que vos enfants se sont bien intégrés à l’école ?
En arrivant ici, les enfants, pour ne pas se sentir dépaysés, ont suivi des classes d’accueil, qui prennent en compte les connaissances de ces enfants, le niveau de français qu’ils ont, et choisissent des moyens que l’on doit adapter pour chaque enfant.

Comment s’est passé l’apprentissage de la langue pour vos enfants ?
Les enfants s’entraident entre eux, donc bien que le niveau soit différent au départ, au bout d’un certain temps, c’est peut-être magique, mais le niveau [de bon français] va arriver rapidement [pour tous].

Est-ce que vos enfants se sont fait des amis rapidement ?
Ils se sont fait des amis rapidement, d’abord c’étaient [des gens] les communautés et ensuite avec les Québécois, car à l’intérieur des classes, ils deviennent comme n’importe quel enfant. Ils n’ont aucune différence, que ce soit un Indou, un Pakistanais, un Magrébins, un Européen ou un Québécois. Les enfants sont innocents : ils s’aiment tous, ils s’adorent tous, ils se disputent aussi, mais ils se font facilement des amis. Le français n’a pas été une difficulté pour moi, ni pour mes enfants d’ailleurs qui parlent arabe. Ça été une intégration facile parce qu’il y avait du monde autour de nous qui a aidé mes enfants à l’école et à la maison.

Y a-t-il des différences entre votre vie professionnelle ici et celle que vous aviez dans votre pays d’origine ?
En Algérie, on avait créé, ma femme et moi, une entreprise pour laquelle je travaillais très fort, je me déplaçais souvent, j’étais pratiquement absent tout le temps. Un soir, j’ai trouvé les enfants qui m’attendaient et ils m’ont dit : « Écoute papa, on n’a pas besoin d’argent, on a plutôt besoin de toi. »

Trouvez qu’au Québec il y a un équilibre entre la vie au travail et la vie familiale ?
En arrivant au Québec, j’avais plus de temps pour mes enfants. Je me suis installé à Ste-Hyacinthe avec mes enfants qui étaient beaucoup plus réticents que moi de déménager à Ste-Hyacinthe. On trouvait ça très beau, et maintenant ils refusent de revenir à Montréal. J’ai mis ma famille avant mes besoins à moi, mais j’aurais pu faire l’examen de l’Ordre pour devenir agronome ici au Québec. C’est quelque chose que je n’ai pas fait, parce que je pensais que c’était plus important que je commence à travailler plutôt que de préparer mon examen de l’Ordre.

Comment avez-vous trouvé du travail ?
À mon arrivée, on m’avait expliqué que je devais passer par des organismes qui vont m’aider à apprendre comment faire une recherche d’emploi. Je devais passer par le centre local d’emploi. C’est un centre qui nous aide à apprendre comment faire un C.V. (curriculum vitea), à comment faire une recherche d’emploi, donc à comprendre comment faire une entrevue avec une entreprise, avec le responsable d’une entreprise, à se vendre grâce à nos connaissances, nos diplômes, etc.

Avez-vous fait faire l’équivalence de votre diplôme ?
J’ai aussi fait l’équivalence de mon diplôme, ça été quelque chose de très simple à faire, ça été très vite fait et on a reconnu mes études. On nous a aidés également à aller voir les foires d’emplois. Ça se fait souvent, on y va à chaque fois et il y a plein de kiosques dans tous les domaines de l’agriculture. J’ai fait celles de Gatineau, Québec, Ste-Hyacinthe, là où nous sommes actuellement. Ensuite j’ai été approché par une compagnie d’assurances. J’ai été étonné de voir qu’il y a des gens qui m’approchent pour un emploi parce que je n’ai jamais travaillé dans l’assurance, je suis conseiller en économie rurale. J’ai appris qu’on pouvait transférer nos connaissances vers un autre métier. Mon travail consiste à rencontrer des membres, voir à leurs besoins de protection, donc je les conseille, je les oriente et je leur vends de l’assurance.

Quel conseil donneriez-vous à un nouvel arrivant ?
Si j’avais un conseil à donner à quelqu’un qui vient de l’étranger pour son arrivée au Québec, je lui dirais de ne jamais retarder cette arrivée. On n’a rien à regretter.

Livia(Roumanie)

Au Québec depuis septembre 2003

Quelle est votre plus grande réussite ?
Ma plus grande fierté c’est de dire aux gens, qu’ici, au Québec, je suis chez moi. Mon nom est Livia, j’ai 41ans, je suis arrivée au Québec le 3 septembre 2003 et je suis originaire de Roumanie, Bucarest.

Pourquoi vouliez-vous quitter la Roumanie et pourquoi avez-vous choisi le Québec ?
J’ai voulu quitter la Roumanie pour faire un changement, j’étais dans la trentaine, j’avais 33 ans. J’ai choisi le Québec pour la langue française, je voulais vivre l’Amérique en français. C’est sûr que c’est dans les brochures de l’immigration, mais j’avais envie de vivre autre chose, j’avais beaucoup lu sur le Québec et sur le Canada en général, et j’ai aimé ce que j’ai lu.

Aviez-vous suivi des cours de français dans votre pays d’origine ?
Moi, je suis d’une culture francophone, je parle le français depuis l’âge de six ans, j’ai suivi des cours de français, j’ai passé quatre ans de mon enfance au Maroc, donc j’ai suivi des cours à l’école en français, je maîtrisais la langue dès mon enfance donc j’étais très proche de cette culture.

Comment vos démarches administratives se sont-elles déroulées à votre arrivée ?
Dès que je suis arrivée à l’aéroport, on m’a donné des brochures pour un cours d’intégration auquel je suis allé une semaine après. J’y ai rencontré un professeur et des gens qui étaient venus de partout comme moi, donc ce fut le côté positif parce que ça nous a permis de comprendre certaines choses, le professeur nous a expliqué comment les choses fonctionnent. Moi, ce que j’ai retenu, ce qui était le plus important, c’est qu’il nous a dit de ne pas rester dans notre communauté et d’essayer de se faire des contacts, d’avoir des amis, mais à l’extérieur de notre communauté, d’essayer de rentrer dans des relations avec des gens qui viennent de d’autres pays. Après mon cours d’intégration, ils nous ont très bien expliqué ce qu’il fallait suivre, les pas à faire. Je me suis fait des amis pendant cette semaine-là et d’ailleurs on est toujours en contact après 5 ans – 6 ans.

Comment vous êtes-vous préparée à votre départ ?
Avant de quitter la Roumanie, pour l’entrevue à l’ambassade que j’ai eue avec le représentant du Québec, je me suis très bien préparée. Je veux dire par là qu’en premier lieu, je me suis inscrite à l’Institut de langue française à Bucarest. Par la suite, je suis rentré sur le site [web] de l’Immigration du Québec et j’ai regardé, région par région, tout ce que le Ministère présentait par rapport à l’immigration. J’ai beaucoup lu sur la géographie, la population, les infrastructures, les opportunités de travail. Il faut vraiment lire et il faut vraiment pénétrer dans l’histoire pour comprendre comment un peuple qui est venu de l’Europe a pu s’intégrer ici. Quand j’ai passé l’entrevue, la personne avec laquelle je passais l’entrevue m’a beaucoup aidée parce qu’elle m’a énormément conseillé. D’abord, il a vu le métier que je faisais et m’a dit que dans ce domaine d’emploi, la chimie, j’allais sûrement trouver de l’emploi. Il m’a dit que je n’allais pas tout de suite trouver un emploi dans mon domaine d’activité, à moins que je sois chanceuse, mais il m’a dit de me trouver quelque chose d’autre pour ainsi pratiquer la langue, connaître des gens et me faire un revenu.

Avez-vous facilement trouvé du travail et que faites-vous ?
Je suis allée sur [le site Web de] Jobboom, je suis allée sur le site Web d’Emploi Québec et la première personne qui m’a téléphoné pour un emploi c’était trois semaines plus tard, et j’ai pris le travail. Mon premier emploi, je savais que ce n’était qu’un emploi temporaire, donc c’est pour cette raison que j’ai accepté, c’était un remplacement de congé de maternité, mais en même temps je cherchais dans mon domaine d’activité. Ça m’a pris environ 9 mois pour trouver un emploi dans mon domaine, dans la chimie; j’ai envoyé mon C.V. (curriculum vitea) et ils m’ont rappelé tout de suite. Un an après mon arrivée au Québec, j’ai été embauchée chez Tri-Tex, c’est l’entreprise où je travaille présentement. Je travaille dans deux départements : celui de la recherche et le développement des produits, et je travaille aussi au contrôle de la qualité.

Est-ce que vous trouvez qu’il y a un équilibre entre la vie au travail et la vie personnelle ?
J’ai aussi beaucoup de flexibilité concernant mon horaire et les vacances sont toujours respectées. Si j’avais des choses à faire ou des empêchements, on m’a toujours permis, on m’a toujours donné la liberté de prendre des journées de vacances. Ici, chez Tri-Tex, j’ai dépassé les 5 ans donc j’ai 4 semaines de vacances par année, mise à part les 10 jours de congé à Noël, donc je suis très comblée par ces avantages. C’est ce que j’apprécie le plus au Québec. On a l’opportunité de trouver un travail à son goût et de bien vivre sa vie avec ce que l’on gagne, le pain de tous les jours. Je veux dire que du point de vue salarial, je suis très contente.

Est-ce que vous pratiquez des sports ou des activités de plein air ?
Comme en Roumanie j’ai fait du ski de montagne, je suis allée ici, au Massif, dans la région de Charlevoix. Ensuite je me suis acheté des skis de fond et je suis allée dans Lanaudière où j’ai fait beaucoup de ski de fond. En été, je fais beaucoup de vélo, donc ma destination privilégiée est dans les Laurentides : Saint-Sauveur, Val-David. Je fais du vélo, ensuite je prends un canot et je traverse la rivière, je reprends le vélo, je pique-nique, je reviens, des loisirs comme ça. J’ai pas mal voyagé pour voir les baleines, comme tout le monde, aller à Tadoussac, en Gaspésie, c’était très loin; à Matane, à Rimouski, je suis allée à la ville de Québec de nombreuses fois, à Montréal, dans les Laurentides, dans Lanaudière, bref partout.

Quel conseil donneriez-vous à un nouvel arrivant ?
Je conseillerais aux Roumains qui arrivent ici de d’abord bien maîtriser le français, d’ensuite de chercher un travail et d’essayer de comprendre la langue québécoise, qui est la langue française, mais avec des différences. Il faut se donner un certain temps et ne pas tout de suite tirer des conclusions, ne jamais regarder en arrière, parce qu’en arrière, on a déjà fait nos preuves. Quand on arrive, il faut se dire : « Oui, les gens vont me donner une chance, mais il faut aussi que je comprenne qu’il faut que je fasse mes preuves auprès de gens aussi. »

Si vous recommenciez votre projet d’immigration, que feriez-vous de différent aujourd’hui ?
Si c’était à refaire, la seule chose que je referais différemment, c’est que je serais partie cinq années auparavant.

Mamadou(Sénégal)

Au Québec depuis juillet 2008

Pourquoi vouliez-vous quitter le Sénégal et pourquoi avez-vous choisi le Québec ?
Ce que je suis venu chercher [au Québec], c’était de pouvoir prendre un peu plus de temps pour être avec ma famille et avoir l’opportunité de deux jours de repos [par semaine].

Trouvez qu’au Québec il y a un équilibre entre la vie au travail et la vie familiale ?
Les journées de travail étant plus courtes, j’ai plus la possibilité de vivre en sociabilité avec ma famille, de pouvoir prendre le temps de voir mes enfants grandir, de pouvoir m’intégrer au quotidien des choses de la vie, c’est cette qualité de vie que je suis venu retrouver et que je suis progressivement en train de bâtir.

Comment vos démarches administratives se sont-elles déroulées à votre arrivée ?
Nous avons été accueillis par le Ministère de l’Immigration qui nous a fait un panel des plus complets des dispositions à prendre. Je dirais que les procédures mises en place, si elles sont suivies, telles qu’elles sont dictées, je pense que le processus d’immigration est assez simple. Des gens m’ont donné des listes d’organismes, des listes de cellules attachées au Ministère de l’Immigration pour me donner toutes les informations qui étaient nécessaires pour mon employabilité. Cela a, bien entendu, facilité ma recherche d’emploi et m’a permis de viser différentes entreprises.

Aviez-vous commencé vos démarches de recherche d’emploi dans votre pays d’origine ?
J’avais déjà planifié des rendez-vous depuis le Sénégal avant d’arriver [au Québec], dont un au niveau du programme et à mon arrivée à l’aéroport de Montréal, j’avais un rendez-vous avec le Ministère de l’Immigration, donc toutes les informations jointes m’ont permis de viser différentes entreprises. Alors, aujourd’hui, je suis au Ripplecove où j’occupe la fonction de directeur du restaurant. Je commence à avoir une très bonne intégration; je n’ai pas été accueilli comme un employé, j’ai été accueilli comme si je faisais partie de la maison. Je trouve que cela est bien et je pense que cela me permet d’avoir une visibilité peut-être à long terme.

Comment s’est passé votre premier hiver ici ?
Ma crainte de l’hiver était seulement en lien avec la conduite parce que, n’étant pas habitué à conduire sur la neige j’étais assez craintif, mais ça s’est bien passé. Les enfants ont adoré, c’est au contraire nous les parents qui avions tendance à les mettre dans une situation inconfortable. C’est nous qui leur disions : « Non, attention, tu n’es pas suffisamment habillé » et eux nous disaient : « Mais non papa, ne t’inquiète pas, c’est cool, c’est bon. » [L’hiver pour eux, c’est beaucoup de plaisir], c’est les petites glissades, les toboggans, faire des petits bonhommes de neige, s’amuser avec les petits copains. Ils sont impatients aujourd’hui de revoir la neige à cause de ce côté vraiment différent; on ne joue pas à faire des châteaux de sable au bord de la mer, ici on joue à faire des bonhommes de neige. Je fais de la course à pied, mais ça reste de la course à pied légère. C’est juste quelque chose qui me permet de faire un bon maintien corporel. Il est tellement agréable de pouvoir courir et de pouvoir respirer du bon air quelque fois.

Comment trouvez-vous la nature québécoise ?
L’Estrie en général, Sherbrooke, les Cantons de l’Est, sont quand même magnifiques quand on voit que l’on a le Lac Massawippi, un beau lac où l’on peut marcher, où l’on peut faire des randonnées équestres, on peut même faire des belles randonnées pédestres, on peut s’amuser à marcher en toute quiétude, et ça c’est très important, être en toute quiétude sans être importuné ou agressé par qui que ce soit.

Est-ce que vous pratiquez des sports ou des activités de plein air ?
J’ai le plaisir de pouvoir faire du ski de fond si j’en ai envie, je m’adonne à d’autre types de sports aussi, je vais au centre de conditionnement physique faire un peu de musculation pour vraiment pouvoir être au meilleur de ma forme.

Quelle est votre plus grande réussite ?
Ma plus grande fierté ce sont mes enfants, de les voir s’intégrer dans cette vie qu’ils n’ont pas choisie, de voir que, de par l’éducation que je vais leur donner, de par l’ensemble de valeurs, des valeurs [que je leur ai inculquées], ils vont pouvoir aller dans la continuité de ces valeurs humaines de respect. Le respect de soi même et le respect de la communauté qui vivent dans cette nation c’est quand même quelque chose de très important que nous devons inculquer probablement à nos enfants et que nos enfants dans l’avenir auront à inculquer à d’autres.

Que pensez-vous du système de garderies ?
Moi ma fille, Bidia, est dans un CPE, un Centre de la Petite Enfance, qui est un centre géré par le gouvernement du Québec. C’est important pour moi que le suivi soit bien fait, que les éducatrices de qualité et de talent aient un bon suivi [sur ma fille], il y a une méthodologie qui est en place, il y a une procédure, il y a une directrice qui est très prévoyante et qui a un regard sur l’ensemble des choses qui se font dans sa garderie, dans son centre donc je trouve que c’est vraiment une belle expérience. L’expérience est salutaire parce que ça permet à l’enfant d’avoir une insertion dans la vie québécoise, au milieu de d’autres enfants qui sont Québécois, d’avoir le même langage qu’eux, la même manière de fonctionner, la même attitude et le même respect des valeurs.

Quel conseil donneriez-vous à un nouvel arrivant ?
Si vous songez à l’immigration, n’hésitez pas, faites-le, c’est maintenant ou jamais, c’est le seul conseil que j’ai à donner. C’est maintenant ou jamais.

Mylène(Brésil)

Au Québec depuis 2006

Pourquoi vouliez-vous quitter le Brésil et pourquoi avez-vous choisi le Québec ?
Au Brésil, on était rendu à un moment de notre vie où on ne sentait plus que c’était notre place, il nous manquait quelque chose. On n’était pas malheureux; on avait nos emplois, on était bien là-bas, mais on avait la sensation d’être « bloqués », on avait la sensation qu’on n’allait pas dépasser le niveau où on était, on était rendu au maximum qu’on pouvait atteindre puis je voulais plus : je voulais apprendre plus, je voulais vivre d’autre chose, je voulais avoir plus d’opportunités, travailler dans le domaine que j’aime. En arrivant ici, c’était comme si toutes les portes s’étaient ouvertes en même temps. Le Québec rassemblait tout ce qu’on avait de besoin; la culture un peu plus européenne, le français qui est une langue qu’on aime bien, qu’on trouve très belle.

Comment vous êtes-vous préparée à votre départ ?
On avait la possibilité d’immigrer, on regardait sur le site Web, justement, du Ministère de l’Immigration puis c’était là : « Bienvenue au Québec, les gens sont sympathiques », on s’est dit qu’on devrait peut-être essayer ça. On a fait une sortie drastique, disons; on est partis, on a tout vendu, on a mis le reste, le plus important, dans les treize valises qu’on avait puis on est arrivés au Québec en 2006.

Comment avez-vous trouvé votre premier logement ?
On est allé à Laval puis la madame du Ministère d’Immigration du Québec nous a trouvé tout de suite un autre rendez-vous dans une place qui s’appelait Carrefour Interculturel puis on avait une agente de l’immigration, donc elle nous a aidés à trouver un appartement, un condo à Laval et à faire toutes les démarches avec les papiers. Donc, on est arrivés au Canada pour la première fois de notre vie avec deux enfants, treize valises, un mercredi, et le lundi on avait un condo, on ne payait plus d’hôtel puis on était installés.

Selon votre expérience, quel a été votre plus grand défi d’intégration ?
C’est pour les enfants que l’immigration a été le plus facile, selon moi. D’après moi, les enfants s’habituent beaucoup plus vite que nous, ils s’adaptent à la culture beaucoup plus vite. Ils sont de petites éponges. Vraiment, je n’ai jamais eu un problème d’intégration avec mes enfants.

Que pensez-vous du système d’éducation ?
Les enseignants de la classe d’accueil de francisation sont fantastiques; ils facilitent l’intégration des enfants avec les autres enfants immigrants et avec la société d’une manière générale. Ils préparent vraiment les enfants pour l’école. Ça, c’est vraiment un service que j’ai trouvé très bien et les enseignants que mes enfants ont eus étaient super bien entrainés pour leur tâche.

Aviez-vous suivi des cours de français avant de partir ?
C’était drôle, parce qu’une semaine après [le début des cours], ils chantaient des chansons et nous, nous étions bouche-bée parce que nous avions étudié 150 heures de français au Brésil puis nous ne parlions pas aussi bien qu’eux. On les a inscrits dans un camp de jours de la ville de Laval pour qu’ils n’arrêtent pas d’apprendre le français, pour qu’ils continuent de parler le français avec les amis parce qu’on voulait vraiment que les enfants prennent contact avec les gens de leur quartier, du quartier où l’on habite, que l’on connaisse les voisins, parce que c’est une bonne opportunité, c’est le camp de jour de l’école, donc ce n’est pas loin, tout le monde habite plus ou moins proche et ils vont à la piscine publique du quartier.

Vous êtes-vous fait des amis québécois ?
Donc, cela a facilité à rencontrer les gens parce que ce n’est pas en marchant sur la rue que tu rencontres des amis, les gens ne se promènent pas trop souvent. Il faut vraiment créer ce genre de situation, ce genre de circonstances qui facilitent l’intégration et la rencontre d’amis et de voisins. C’est comme ça que tu te rends compte qu’ils habitent à 2 rues de chez toi, au sud ou au nord, ça aussi ça facilite beaucoup. C’était mon inquiétude aussi, on ne voulait pas faire des ghettos, on ne voulait pas juste être avec les Brésiliens. En arrivant ici, si tu gardes juste tes amis brésiliens et que tu passes toutes les fin de semaine avec eux en parlant portugais, apprendre le français, ça va te prendre plus de temps. C’est comme un besoin vital, il faut que tu parles aux gens d’ici, il faut que tu entendes les gens d’ici puis il faut que tu connaisses les gens d’ici, aussi.

Est-ce que vous pratiquez des sports ou des activités de plein air ?
On sort souvent; on va souvent dans les Laurentides durant l’hiver pour faire du ski, car on a appris à faire du ski. Pendant l’été on va aussi un peu à la plage, on fait plein d’activités de plein air, on aime bien le plein air. Aussi, on fait beaucoup de sports durant la fin de semaine. Pedro fait de la planche à roulettes (skateboard) donc on est souvent impliqués dans ses activités. Julia fait de la natation, donc on bouge beaucoup. C’est sûr que c’est un tout nouveau quotidien, une autre vie complètement différente. Ici, le premier mois que l’on est arrivé, on sortait souvent le soir juste pour avoir la sensation qu’on peut marcher le soir, on n’a jamais vu un crime, rien du tout. On s’est rendus compte qu’on n’a pas besoin d’être tout le temps tendus. Tu peux aller chercher ta voiture qui est stationnée dans la rue puis tu peux rentrer tranquillement, sans stress, sans hystérie; tu te considères vraiment comme un citoyen, tu as le droit de prendre ta voiture et t’en aller tranquillement, pas besoin de paniquer pour faire ça. C’est juste quelque chose que l’on fait tous les jours, ça fait partie de la vie, pour moi c’est ça la qualité de vie aussi, c’est marcher dans la rue sans avoir peur, être à l’aise et de pouvoir profiter de la vie et du paysage, et ne pas avoir peur.

Avez-vous été bien accueillis au Québec ?
Nous avons été très bien accueillis. Tous les Québécois ont toujours essayé de nous aider, il n’y a eu personne qui est venu nous mettre des bâtons dans les roues. Les gens ont vraiment essayé de nous aider, d’être avec nous. On a posé beaucoup de questions, on avait vraiment besoin de monde puis les gens étaient là pour nous.

Nadège(France)

Au Québec depuis 2001

Pourquoi vouliez-vous quitter la France et pourquoi avez-vous choisi le Québec ?
Je suis allée en Nouvelle-Zélande, j’étais jeune fille au pair pour garder un petit bébé pendant un an, puis quand je suis revenue en France j’avais envie cette fois d’être dans un pays étranger, mais de travailler dans mon domaine, parce que j’avais gardé un petit bébé durant un an, alors j’étais loin des communications, c’est là que j’ai découvert l’Office Franco-Québécois pour la Jeunesse. Je suis allée les rencontrer et ils m’ont expliqué qu’il existait un programme pour les gens comme moi qui terminaient leurs études, et qui pouvaient avoir une première expérience de travail dans leur domaine à Montréal ou à Québec. J’ai trouvé un contrat dans une agence de communication pour trois mois qui s’est finalement allongé à six mois. Ensuite, je suis repartie en France et j’ai fait ma demande de résidente permanente. Quand je suis revenue avec ma carte de résidente permanente, je suis revenue, mais cette fois à Québec. Alors c’était une nouvelle vie, une ville que je ne connaissais pas beaucoup et je me suis installée pour de bon. Je savais que j’allais vivre plusieurs années ici, alors il a fallu trouver un logement et un emploi.

Avez-vous facilement trouvé du travail et que faites-vous ?
Je suis allée voir sur plusieurs ressources d’aide à l’emploi, d’ailleurs j’ai été très bien accueillie par des gens qui m’ont aidé à refaire mon C.V. (curriculum vitae), à apprendre à faire des entrevues à la québécoise et d’essayer de me donner des contacts pour aller frapper aux portes. J’ai obtenu un poste il y a environ 1 an et demi en communication, je suis conseillère en communications internes.

Selon votre expérience, quel a été votre plus grand défi d’intégration ?
Je pense que c’est très important pour quelqu’un qui décide de vivre au Québec d’avoir la juste réalité de ce que c’est d’immigrer parce qu’on gagne beaucoup de chose, énormément, mais on perd des choses et ça moi j’en étais pas consciente. C’est-à-dire la proximité avec la famille, la rupture avec sa culture, même si on a l’impression qu’on n’est pas très attaché à sa culture il y a des petites choses qui nous manquent c’est normal, on vit des nostalgies. Moi, j’aime beaucoup élever mes enfants au Québec. Je trouve qu’on a accès à des associations, à des organismes qui peuvent nous aider dans toutes sortes de choses pour allaiter, pour éduquer nos enfants. Si mes enfants ont un problème de sommeil, qu’est-ce que je fais? Je sais que je peux appeler un psycho-éducateur qui va m’aider à résoudre mon problème, qui va me soutenir, qui va me rappeler une semaine plus tard pour me demander si j’ai réussi à régler le petit problème que j’avais avec mon enfant. Moi, j’ai utilisé ces services et je suis tellement contente. J’ai aussi eu le système des accompagnantes pour accoucher. Je ne connaissais pas ça, apparemment ça vient de l’Europe, mais j’ai découvert ça au Québec. J’ai accouché avec deux accompagnantes; une personne à chaque accouchement qui est venue nous soutenir, Nicolas et moi dans cette expérience-là, alors moi j’ai trouvé ça très riche.

Que pensez-vous du système de garderies ?
Puis, le service que l’on peut avoir au niveau de la garderie, du congé de maternité, du congé parental, moi j’ai eu la chance de passer un an avec chacun de mes enfants à la maison, mon conjoint a passé beaucoup de temps à la maison aussi parce qu’on peut se le partager [le congé]. Ça, j’ai trouvé ça super. On est tombés sur une garderie en milieu familial, on est tombés sur une perle. On l’aime, on est tellement contents, alors là je pourrais dire que je suis très contente. Les centres de CPE, les Centres de la petite enfance, qui correspondent aux crèches, on a eu une expérience super, de très bons services, très bien organisés et des belles méthodes d’éducation avec les enfants.

Que pensez-vous du système d’éducation ?
Ce que j’aime beaucoup, c’est la façon d’éduquer, l’aspect pédagogique est super, d’ailleurs j’ai su que la pédagogie québécoise était reconnue et je trouve qu’il y a beaucoup de créativité pour élever les enfants. C’est très axé sur des stratégies concrètes pour aider l’enfant à résoudre des problèmes. Ça moi, j’ai trouvé ça super, j’ai beaucoup appris.

Trouvez qu’au Québec il y a un équilibre entre la vie au travail et la vie personnelle ?
J’apprécie beaucoup l’appui que l’on a de diverses sources ou programmes; je pense à deux choses : le congé parental dont j’ai profité en tant que père et je trouve qu’on est absolument privilégiés, car on a beaucoup de flexibilité dans nos horaires de travail. J’ai un travail avec un horaire allégé à 4 jours/ semaines et Nadège aussi. Notre horaire, ne ressemble pas une course folle du matin au soir. Ce que j’aime beaucoup au Québec c’est la qualité de vie : mes horaires sont super pour la vie familiale. Si je compare la vie que mes sœurs ont en France avec des enfants du même âge que les miens, de mon côté j’ai une très belle qualité de vie, je termine [le travail] très tôt, si j’étais en France, je terminerais sûrement vers 19h – 20h en communication, mais là, à 16h15 je suis partie de mon travail, j’ai beaucoup travaillé dans ma journée, mais je termine tôt et à 16h30, je peux être à l’école avec mon fils. Pour moi c’est très important et mes sœurs en France m’envient énormément.

Quelle est votre plus grande réussite ?
Au Québec, j’ai accompli un rêve. Un rêve que je ne crois pas que j’aurais pu accomplir en France, c’est l’écriture de livres pour enfants. Je n’aurais jamais pensé que j’aurais pu l’accomplir au Québec, mais j’ai pu le faire et je crois que c’est la plus belle chose que j’ai faite au Québec.

Que pensez-vous de la vie culturelle québécoise ?
Au Québec, en général, je trouve que l’offre culturelle est incroyablement diversifiée. J’ai surtout découvert la musique et les films québécois, que j’adore. J’aime beaucoup Tricot Machine, Ariane Moffatt et Daniel Bélanger, ils sont parmi mes artistes préférés. Ce qui m’a le plus surprise quand je suis arrivée au Québec, c’est de voir le nombre d’artistes, le nombre de talents qu’il y avait pour 7 millions d’habitants, je trouvais ça incroyable. Au Québec, j’adore les relations homme-femme. C’est un des aspects qui me plaît le plus au Québec. Je trouve que la femme est très respectée, (même s’il reste encore beaucoup de choses à faire). C’est très agréable pour une femme de vivre au Québec.

Pablo(Mexique)

Au Québec depuis septembre 2005

Pourquoi vouliez-vous quitter le Mexique et pourquoi avez-vous choisi le Québec ?
À mon retour au Mexique, je me suis dit que je voulais habiter en Amérique du Nord. Et finalement, je me suis dit qu’il fallait que je visite le Canada, que je connaisse ce pays-là. Lors du voyage que j’ai fait en 2002, c’est spécialement en hiver que j’ai choisi de venir parce que je me suis dit, qu’étant Mexicain, je vais peut-être trouver que c’est trop froid pour moi. Et finalement, j’ai trouvé qu’on est bien ici, que la ville est faite pour supporter le froid. C’est après mes vacances que j’ai passé ici, au Québec, que j’ai appris que le Canada, et précisément le Québec, est un endroit dans le monde qui veut encore des immigrants. Donc, c’est à ce moment que j’ai majoritairement pris ma décision de venir ici. Ce que j’aimais beaucoup à Montréal, c’est l’héritage européen. Ici, au Québec, il y a beaucoup de tranquillité, d’ouverture de la part des gens et de respect.

Participez-vous à la vie culturelle québécoise ?
Je trouve qu’ici, au Québec, il y a énormément de spectacles, de concerts et d’activités culturelles, et je trouve que c’est facile, que c’est ouvert à tout le monde. Parfois, je vais au ballet, à l’opéra sous les étoiles (ce qui ne coûte rien) ou en été, au Parc Lafontaine, il y a des représentations des Grands Ballets Canadiens ou des concerts de musique classique. Ici, les gens recyclent beaucoup, les gens pensent beaucoup à utiliser les transports en commun et à utiliser la voiture le moins possible. On voit que c’est une société qui prend soin de l’environnement.

Comment s’est passé votre apprentissage de la langue au Québec ?
On peut étudier le français international des années et des années, mais en arrivant ici, on se rend compte que c’est un peu différent. L’accent est tout à fait différent. La question du langage aussi; il y a des mots qui sont typiques du Québec, difficiles à comprendre des fois. C’est sûr que c’est une langue différente, donc il faut s’habituer à parler une autre langue qui n’est pas la nôtre avec les gens qui sont autour de nous ou au travail. Il faut s’adapter et ne pas vouloir fonctionner de la même façon que chez nous.

Aviez-vous suivi des cours de français dans votre pays d’origine ?
J’ai commencé à apprendre le français quand j’étais adolescent, c’était une idée que ma mère m’avait donnée, un projet d’été, elle m’avait suggéré de commencer des cours à l’Alliance Française. Finalement, en arrivant au Québec, le Ministère de l’Immigration a un programme pour qu’on apprenne la langue donc, j’ai passé un examen écrit et un examen oral et je me suis retrouvé au niveau « Français 3 ». C’était à temps plein; j’ai fait ça environ un mois et demi, le temps que je trouve un premier emploi.

Vous êtes-vous fait des amis québécois ?
C’est là où on a rencontré la plupart de nos amis actuels. Ils ne sont pas nécessairement des gens qui viennent de pays hispanophones; on s’est fait des amis qui viennent de la Chine, du Japon, de la France, de l’Espagne ou des Mexicains qui avaient déjà des amis québécois, ici. Donc, ça nous a permis de rencontrer des Québécois et qui sont mes amis encore à ce jour.

Avez-vous facilement trouvé du travail ?
Je dirais que j’ai été bien chanceux; je suis arrivé au Québec à la fin septembre, j’ai commencé chez Air Canada en novembre et en janvier, j’ai commencé l’emploi de technicien en contrôle-qualité. Je dois avouer que ça n’a pas été facile. Au départ, je me suis dit qu’il fallait que je me fasse à l’idée que ce sera comme si je venais de terminer mes études.

Avez-vous fait faire l’équivalence de votre diplôme ?
Moi, comme ingénieur industriel, je n’ai pas à signer de documents officiels, donc je ne me trouve pas dans le besoin de devenir membre de l’Ordre des Ingénieurs. Pour les emplois que j’ai eus, c’est plutôt une question de remplir les exigences, l’expérience requise. Je travaille maintenant pour ABB, c’est une société qui, à mon avis, offre beaucoup d’opportunités. J’aime bien mon emploi, l’ambiance au bureau est professionnelle. Je trouve que le travail au Québec se fait dans une ambiance de respect.

Trouvez qu’au Québec il y a un équilibre entre la vie au travail et la vie personnelle ?
On fait tous notre travail, chacun est responsable, c’est rare qu’on a besoin de rester au travail jusqu’à 19h, donc ça permet aux gens d’avoir une vie privée, une vie personnelle, et qu’ils puissent faire des activités autre que passer toute la journée au travail.

Quel est votre plan de carrière ?
Maintenant que j’ai trouvé un bon emploi et un poste permanent, bien qu’au départ mon adhésion à l’Ordre des Ingénieurs n’ait pas été requise, c’est quelque chose que je voudrais proposer à mes patrons. Si l’entreprise était dans la mesure de payer les frais pour que je devienne membre de l’Ordre, ce serait quelque chose que j’aimerais bien faire. Aussi, j’aimerais beaucoup commencer un MBA (Master in business administration). Je suis satisfait de mon choix, je suis heureux ici.

Sarai(Mexique)

Au Québec depuis 2005

Pourquoi vouliez-vous quitter le Mexique et pourquoi avez-vous choisi le Québec ?
Ce projet d’immigration provient de ma jeunesse; j’étais à Montréal juste pour une journée et je suis tombée en amour. C’est vraiment drôle parce que je m’étais dit : « un jour, peut-être que je vais vivre ici. ». Lorsque j’ai terminé l’université, je voulais aller vivre ailleurs, vivre d’autres expériences et mon mari aussi. Donc, on s’est dit qu’on voulait voir quelles étaient nos autres possibilités.

Comment vous êtes-vous préparée à votre départ ?
La session d’informations à l’Alliance Française à Guadalajara était faite par le Ministère de l’Immigration du Québec. Ce sont eux qui se sont installés à Guadalajara pour quelques jours et ils ont donné des sessions informatives sur le processus d’immigration. Concernant les intermédiaires pendant le processus d’immigration, je trouve que c’est très important de savoir que ce n’est pas nécessaire. On a toute l’information dont on a besoin sur le site Internet [du Ministère de l’Immigration du Québec], mais il faut bien lire et aller chercher l’information parce que parfois, c’est difficile de croire au système; qu’en réalité les choses peuvent se passer comme le dit la procédure, mais c’est ce qui arrive. Ça prend du temps, oui, ça prend de l’argent, oui, ça prend de l’effort, oui, mais ça marche.

Comment avez-vous trouvé votre premier logement ?
Pour la maison, ce qu’on a fait c’est que puisque nous connaissions la date à laquelle nous allions venir, nous avons loué un studio pour une semaine, pour commencer, parce que ce n’était pas très cher, c’était confortable. On a ouvert un compte bancaire, ça nous a aidés à faire les démarches, c’est comme si on avait une garantie. Donc, après 15 jours, on avait un appartement, et on a déménagé le 1er juillet, comme tous les Montréalais. On habite le quartier Côte-des-neiges qui est assez multiculturel. Je trouve qu’il y a tellement d’immigrants, ici, à Montréal, qu’on ne se sent pas comme des étrangers.

Participez-vous à la vie culturelle québécoise ?
Pour nous, ça a été très important de connaître les habitudes, les coutumes, les fêtes, de savoir ce que les Québécois aiment pour savoir de quoi il s’agit. Donc, chaque année, on va à la cabane à sucre, on va cueillir des pommes, on mange des fèves au lard, donc je suis vraiment intégrée, j’adore le hockey! On est allés au hockey, et moi, j’ai capoté!

Qu’aimez-vous le plus ?
Mon mari et moi aimons beaucoup le domaine de la culture - j’ai toujours travaillé dans ce domaine - alors pour moi, c’était un élément très important. En fait, on aime beaucoup le théâtre, on a aussi fait du théâtre auparavant, donc pour nous c’était génial de voir tout cet éventail de pièces de théâtre, mais aussi de la danse, de l’opéra, de la musique… Ce qui m’a vraiment plu, ce qui était mon coup de cœur, c’était le cirque. Je trouve que Montréal a fait un très bon travail au niveau de l’offre culturelle dans les salles, mais aussi à l’extérieur.

Avez-vous suivi une formation pour accéder à votre poste actuel ?
J’ai fait des études en gestion d’organismes culturels, ici au HEC (École des Hautes Études Commerciales). Ce fut une très belle occasion de mieux connaître la culture, l’identité et la façon de faire au Québec, et de connaître comment ça se passe ici, dans le milieu. Ça m’a donné beaucoup d’outils au niveau professionnel, au niveau de mon travail.

Avez-vous trouvé facilement du travail et que faites-vous? ?
Il y avait une offre d’emploi que j’ai reçue par le HEC, et je me suis dit « pourquoi pas? ». Ensuite j’ai vu Cirque Éloize, j’étais tellement contente! Quand j’ai rédigé ma lettre de motivation, je pense que c’était trop. Mais j’étais vraiment contente d’avoir l’opportunité de rejoindre une compagnie de cirque. Nous, on fait les réservations pour les tournées de spectacles du cirque autour du monde. Pour moi, ce qui est génial, c’est d’avoir le respect. Je sens qu’il y a un respect très important, que la situation des femmes est beaucoup plus avantageuse ici. Pour moi, c’est génial de voir des femmes policières partout, des chauffeuses d’autobus, bref des femmes avec des emplois qui ne sont pas nécessairement associés aux femmes. Quand je suis arrivée ici, ce que je trouvais vraiment génial, c’est que moi, en tant que femme, je pouvais me promener partout, toute seule et la nuit.

Quelle est votre plus grande réussite ?
Ce que j’aime bien de Montréal, de ma vie, du Québec, de mon projet ici, c’est cette possibilité d’avoir beaucoup de possibilités. On a le choix, on peut choisir, on est dans un contexte [socioéconomique] beaucoup plus stable, on a l’occasion de faire des projets. Il ne faut pas être riche pour avoir un bon niveau de vie, et c’est rassurant. Ça permet aussi de faire des choix, de projeter, de faire des projets, d’avoir des rêves, de planifier les choses. En ce moment on a l’idée d’aller vers l’achat d’un immeuble, surtout parce qu’on voit que ce n’est pas si difficile que ça et comme ça fait déjà quelques années qu’on travaille à temps plein; il semblerait qu’on ait l’opportunité de le faire d’ici un an à peu près. Je suis fière de me voir ailleurs; pas de survivre, mais de bien vivre ailleurs. Je me sens beaucoup plus forte. J’ai plus confiance en moi. C’est de se voir dans un endroit un peu dépaysant mais aussi toute une occasion, une opportunité pour se réinventer.